Faire une lecture d'image.

Publié le par La seconde 9.



Support  : "Cauchemar" de Füssli.
Objectif : Savoir lire une image. Rendre compte par écrit de sa lecture.


A VOUS DE JOUER !



A) Au brouillon, décrire ce qu'on voit, ce qu'on ressent. Jeter sur le papier les idées, sentiments, impressions.
B) Organiser son travail ( Dénotation/Connotation/interprétation) ( Couleurs/plans/formes...)
C) Faire des liens avec ce qu'on connaît
D) Rédaction ( l'introduction se fait toujours en dernier. On ne peut pas amener le lecteur à ce qu'on va dire, si on ne sait pas ce qu'on va dire).


A) Introduction.

Doit contenir les informations sur l'auteur, la date, la réception de l'oeuvre, le théme par exemple.
Doit poser une question ( Exemple : En quoi cette peinture est une illustration probante du Horla?)
Votre plan doit répondre à la question.

B) Grand 1 : Description organisée de ce que vous voyez. Suivre le regard. Premier plan, second plan, couleurs, technique...

C)Grand 2: Connotation. Donnez les impressions ressenties, analyser les effects picturaux comme des figures de style.

D) Grand 3: Interprétation et liens : Réponse à la question. En quoi l'illustration est cohérente pour le Horla?

E) Une petite conclusion doit synthétiser vos grandes parties. Résumez vos idées.


Exemple :

 

Ceci est un exemple.

  • Introduction.

(Phase d'accroche)
Dans la littérature, de nombreux auteurs ont développé le théme du rêve comme un état paradoxal entre deux mondes : la vie et la mort, le réel et l'imaginaire. Dans le Horla de Maupassant par exemple, ou dans les oeuvres de Gautier, le lecteur hésite entre deux interprétations : Le narrateur rêve t-il? Est-il fou? Les puissances insolites font elles partie de notre monde?

(Phase de mise en contexte)
L'œuvre étudiée s'intitule « Le Cauchemar », en anglais «  Nightmare ». Cette oeuvre est un tableau du peintre Johann Heinrich Füssli. Depuis son exposition en 1782 à la Royal Academy de Londres, cette peinture est devenue célèbre, et du fait de cette renommée, Füssli en a peint au moins trois autres versions. Sur ce tableau est représentée une dame vêtue de blanc, alanguie dans un lit. Un incube se tient sur son ventre. En arrière plan, une tête de cheval sort d'un rideau rouge. Ce tableau peint à l'huile a été utilisé pour la couverture du Horla, nouvelle fantastique de Maupassant.

(Phase de reflexion)
A travers une étude de l'œuvre picturale, nous nous demanderons en quoi ce choix est cohérent pour illustrer le Horla? L'étude sera ainsi menée en trois axes : Tout d'abord, nous nous attacherons à décrire le tableau, puis nous nous intéresserons aux connotations, enfin, nous analyserons plus précisemment le choix du tableau comme couverture du Horla.

 

  • 1 ) ll s'agit de décrire de façon neutre le tableau. Il faut organiser sa description en suivant son regard.


Au premier plan de ce tableau nommé « cauchemar », nous pouvons voir une femme allongée sur un lit au matelas blanc, drapé de rouge. Cette femme a les cheveux blonds et porte une robe blanche qui se confond presque avec la couleur de sa peau très claire. Plus qu'une position allongée, cette femme a la tête vers le bas. Son bras gauche pend le long de sa tête tandis que son bras gauche semble poser derrière sa tête. Cette femme a les yeux fermés. Assis sur elle, nous pouvons observer un démon que nous pouvons nommer incube. Il est accroupi sur le ventre de la dame et regarde le spectateur du tableau. Il appartient au second plan. Enfin, à l'arrière plan, un rideau rouge est tendu. De ce rideau, sort une tête de cheval grise et noire. Ses oreilles sont pointues, ses yeux semblent blancs.

 

Le décor de ce tableau est celui d'un lieu clos, d'une chambre. Nous pouvons apercevoir sur la gauche du tableau une table aux pieds arrondis où est posé un flacon et une bombonne. Les rideaux rouges sont maintenus par un pompon et le lit est drapé de rouge.


Les couleurs dominantes de ce tableau sont le rouge qui enveloppe la femme allongée. Celle ci est très lumineuse. Elle porte une robe blanche. La lumière de ce tableau semble venir de la droite. Nous voyons en effet sur le rideau l'ombre de l'incube. Enfin, le noir domine le tableau, sur la droite mais aussi sur la gauche. Le noir et le rouge entourent donc la couleur blanche de cette femme allongée.

  • 2 ) Il s'agit maintenant de décrire les connotations.

    La femme présente au premier plan a une position ambiguë. Nous ne pouvons savoir si elle dort ou si elle est morte. La couleur blanche et lumineuse qui l'envahit peut être interprétée comme la couleur de la mort, ou la couleur du rêve, état paradoxal entre la vie et la mort. Les yeux fermés de la femme nous invitent à hésiter entre les deux hypothéses.

    Si le rouge domine le tableau, il peut connoter différentes choses. Le rouge peut être la couleur de la passion. En effet, c'est la couleur de l'amour, de l'érotisation. Cela pourrait être cohérent quand on regarde la position allanguie de la femme. De même, le cheval en arrière plan appartient à des légendes germaniques : il viendrait hanter les femmes aux mauvaises moeurs.Le rouge peut être aussi la couleur du sang. Il entoure ainsi la femme du premier plan. Le rideau semble glisser sous la femme et draper le matelas. Il peut être comparé à du sang qui coule. Le rouge serait alors la couleur de la mort.

    Le noir, enfin, domine le tableau. Il semble entourer les deux autres principales couleurs. A l'arrière plan, le noir donne l'impression d'une profondeur infinie qui peut faire penser à celle du rêve ou encore celle de la mort. De même, le noir entoure l'incube, le démon porteur de la mort.

    • Interprétation : par rapport au fantastique et à la problématique


    • Ce tableau appartient au registre fantastique. Il inspire au spectateur de la crainte et de la terreur, conformément à la définition donnée par lovecraft dans son ouvrage épouvante et surnaturel en littérature. L'incube est une créature démoniaque et le cheval est l'annonciateur de mauvaises moeurs et de mauvais présages.

      De même, le spectateur hésite dans l'interprétation du tableau. C'est bien la définition donnée par Todorov dans son introduction à la littérature fantastique. Nous ne savons pas si la femme rêve ( comme nous inviterait à le penser le titre du tableau « cauchemar » ) ou si elle est morte.

      • Le titre même du tableau est ambigu. Le spectateur ne sait pas s'il s'agit du cauchemar de la femme : l'incube serait alors une projection du rêve de la femme. Le cauchemar pourrait être aussi celui qui peintre qui extériorise sur la toile ses angoisses. Enfin, le cauchemar est avant tout celui du spectateur qui a une vision d'horreur. La toile peut soulever de nombreuses angoisses.

        Ce tableau du 18 ème siècle semble alors cohérent avec notre interprétation du Horla. Nous ne savons en effet pas si le narrateur rêve ce fantôme ou s'il l'a véritablement rencontré. Le lecteur hésite constamment entre une interprétation rationnelle ou une interprêtation merveilleuse. Le fantastique est bien le lieu de cette hésitation. De même, les thémes du Horla sont présents dans cette toile. Nous retrouvons un lieu clos, un démon, et l'ambiguité qui invite le lecteur à se poser des questions. Cette hésitation renvoie le lecteur à ses propres croyances. Sommes nous seuls? Que se passe t-il lorsque nous rêvons? Pouvons nous tous basculer dans la folie?


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        Ce tableau de Füssli est donc un tableau riche, aux interprétations inépuisables. Chaque détail choisi est recherché par l'auteur. Le spectateur interprête le tableau selon ses propres croyantes. Il reste néanmoins une seule certitude : il y aura autant de lectures de ce tableau que de lecteurs.




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