Toufik. Portrait d'un être maléfique.

Publié le par La seconde 9.

 

PORTRAIT D’UN ETRE MALEFIQUE

J’entrai dans la boutique. L’endroit était si sombre, si poussiéreux et si calme qu’on se croirait dans un cimetière. J’entendai un bruit : le vendeur arrivait. C’était un petit homme mince. Il avait de petits yeux noirs avec des reflets rouges et son sourire moqueur laissant apparaître ses petites dents jaunâtres me fit comprendre qu’il savait que je devais venir et qu’il était prêt à m’accueillir. Son regard mesquin m’intriguait beaucoup ; c’est ainsi que je me rendis compte qu’il fallait se méfier de cet homme.

Il était vêtu d’une grande veste noire qui l’entourait presque entièrement, à la manière d’un cercueil. On pouvait tout de même apercevoir des mains si fines et si décharnues qu’on y voyait les os. Au bout de ses doigts squelettiques, il y avait des ongles jaunâtres, comme ceux d’une momie. Aussi, je compris que cet être ne pouvait pas être un être humain, mais plutôt une créature maléfique. Le fait de l’observer me donnais le tournis.

Il avait une longue tête avec un menton pointu, et son teint gris transparent laissait apparaître de nombreuses veines bleuâtres. Sa peau était si fine, si grisâtre et si transparente qu’elle faisait penser à de la poussière qui se serait déposé sur ce corps diabolique.

Il se frottait les mains à la manière d’un arnaqueur ayant réussi son coup. Et bien que je n’avais encore rien fait, je sentais que j’étais tombé dans un piège inextricable et mortel.

Son crâne était quasiment déchevelu, mais quelques cheveux se dressaient encore, comme les fondations d’une maison après un incendie. Son regard changeait. Désormais, c’était un regard glacial, impératif, autoritaire, brûlant de froideur, qui ne pouvait provenir que d’un être diabolique.

Il me fixait, sans bouger, et je compris qu’il était plein d’assurance, sûr de lui, comme s’il pouvait deviner mes intention à mon regard. J’essayais donc de lire dans son regard. Je ne voyais qu’une mystérieuse intention de faire souffrir les âmes. Ses petites dents jaunâtres difformes semblaient avoir une fonction bien précise, afin que la créature puisse se nourrir de la souffrance des Hommes.

Désormais, je me méfiais plus que jamais de cette étrange créature, mais je réalisais que je tombais peu à peu sous l’emprise de celle-ci, impuissant.
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